Etudes de la pensée de Schopenhauer et notamment de son rapport à la psychanalyse et aux neurosciences.
Un fort enthousiasme se manifeste autour de ce blog et de ma démarche, et c’est vraiment très encourageant. On se sent un peu moins seul dans cette traversée du désert qu’est la recherche philosophique (comme toutes les recherches en général, même celle de soi-même !). En tout cas, merci à tous pour vos encouragements ! Ils font chaud au cœur.
Où en est donc notre bon petit philosophe dans sa recherche de la vérité. Eh bien, pour changer, il relit Schopenhauer du début à la fin. Certains diront donc qu’il tourne en rond, d’autres (dont je me fais le porte-parole), diront qu’il cherche encore à pénétrer plus avant la pensée de son maître en philosophie et à comprendre toutes les choses qu’ils n’avaient pas encore comprites. Eh oui, après 4 lectures intégrales ou quasi-intégrales, il y a encore des choses nouvelles qui nous apparaissent… pas que des mots se soient rajoutés depuis par l’opération du saint esprit (dans l’œuvre de Schopenhauer ça serait un comble !), mais simplement on voit les choses à chaque fois sous un angle différent et alors des recoupements se font petit à petit. (Il faut ajouter à cela la forme particulière de l’œuvre de Schopenhauer fait d’une œuvre centrale et d’une multitude de suppléments éparpillés, ce qui fait que le même sujet est traité à bon nombre d’endroits différents – Cf. Introduction de mon mémoire de Master et la préface de la première édition du Monde).
Le plus dur dans toute lecture philosophique, c’est de lire le texte en lui-même. Car toute lecture de recherche est faite en fonction d’un but précis, avec une claire idée de ce que l’on cherche et, alors, bon nombre d’éléments sont relégués au second plan et, les ignorants, on ne peut pas voir comment ils s’articulent… Chaque lecture est un point de vue particulier, et il faut donc les multiplier pour apercevoir toutes les facettes de la pensée de Schopenhauer. Bien souvent, la première lecture est dépourvue de point de vue particulier, mais alors on est très loin d’avoir assez d’éléments pour comprendre ce qu’on lit.
Mais, à mon sens, personne ne peut comprendre la pensée de Schopenhauer simplement en la lisant. C’est une pensée une et intuitive, qu’il faut ressentir. Et pour cela, il faut parcourir le grand livre de l’univers, lire attentivement toutes les belles choses qui s’y trouve, y compris celles vous concernant, i.e. être attentif à ses actes et à son corps, aller jusqu’aux limites de sa Volonté et trouver cette force qui vous anime et vous fait avancer. Mon long périple pédestre en solitaire dans les hautes terres d’Ecosse, en juin 2007, m’a donné plus d’éléments pour comprendre la métaphysique de la Volonté que toutes les lectures que j’ai pu faire depuis ce moment-là. La Volonté n’est plus une notion qui se définit dans votre tête à partir des nombreux mots que vous avez pu lire à son sujet, elle est la force qui est en vous, qui vous fait agir, penser, aimer, souffrir,… elle vous constitue et vous la ressentez s’exprimer au travers de votre corps.
Mais la comprendre au fond de vous même ne vous rend pas plus apte que qui que ce soit à en parler. Car l’écart entre cette intuition (ou plutôt cette affection) et les concepts est imposant et Schopenhauer a consacré sa vie entière à le combler. C’est en cela que réside la profondeur de cette pensée : vous pouvez la vivre et la ressentir, sans pour autant être capable de la rapporter à la moindre notion abstraite. Le discours rationnel ne construit pas la vérité, elle ne fait que l’exprimer, la décrire et la rendre communicable. Et si peu de gens parviennent à en formuler une expression rationnelle, tous nous sommes capables de la ressentir…