Etudes de la pensée de Schopenhauer et notamment de son rapport à la psychanalyse et aux neurosciences.
Rares sont les gens qui peuvent comprendre ce que peut représenter un tel travail de recherche, son achèvement, son impression... la joie qui vous envahit quand vous tenez entre vos mains ces feuilles de papiers, sur lesquelles sont imprimés deux ans de votre vie. Vous ressentez alors une immense satisfaction, doublée d'une envie démesurée de discuter de son contenu. Mais beaucoup ne savent pas que vous venez de réaliser un rêve, que vous avez passé deux ans à travailler avec votre coeur, sans compter, avec passion et détermination, pour parvenir à une première version définitive de votre projet. Bien sûr ce n'est pas parfait, évidemment qu'il y a beaucoup de choses à retravailler et à corriger, mais vous avez le sentiment d'avoir accompli ce pour quoi vous êtes fait, d'avoir réussi à définir quelque part votre ancrage au savoir philosophique. C'est comme une partie de vous que vous avez réussi à exprimer...
Rares sont les situations où les gens entiers, passionnés et déterminés (ou bornés, ça dépend de quel point de vue on se place) ne se heurtent pas à la réalité et ne voient pas leurs brillantes illusions s'évanouir dans son épaisse obscurité. Quand on a puisé en soi durant deux longues années, qu'on est à bout de force et donc moralement affaibli, on attend qu'une chose : la reconnaissance de l'effort accompli. Pas des éloges, pas des congratulations, pas des compliments... simplement la reconnaissance de la somme de travail accompli et de sa pertinence (malgré toutes les erreurs, imprécisions et maladresses dans le détail). On a bien conscience que ce n'est pas parfait, et toute critique de valeur, tout point mis en cause permet à la recherche d'avancer. Mais pour que la recherche se poursuive, il faut que le chercheur ait envie d'aller plus loin, retrouve la force de continuer ses efforts... et pour ça, comme tout être humain, il a besoin de confiance, d'enthousiasme et de dialogues constructifs.
Rares sont les moments de ma vie où j'ai été plus frustré que lors de ma soutenance de mémoire, le 26 mai dernier. Je passe les détails de cette épreuve difficile dont je n'aurai sans doute pas pu me relever sans les bonnes et belles paroles de M. Christophe Bouriau, et sans l'amour, les vues sensées, le soutien indéfectible et l'immense confiance de mon ange, Joanna. J'étais frustré de n'avoir pu répondre aux multiples questions qui m'ont été posées. Je n'avais qu'une envie : expliquer mes choix, préciser mes propos, reconnaître mes maladresses, défendre mon point de vue... en un mot : débattre. Y'a-t-il un responsable à une telle désillusion ? Eh bien, oui : moi. J'attendais tellement de ce moment, j'avais tellement mis d'énergie dans ce travail, que les critiques extérieures souvent mal argumentées, l'insistance sur les petites erreurs insignifiantes, le non-débat sur la thèse et les idées centrales du travail, l'impossibilité de répondre à l'ensemble des questions, ont fait terriblement mal. Je n'étais pas préparé à cela, parce que dans le monde merveilleux de Jean-Charles (de Candy ou des Bisounours, c'est la même chose) les gens sont enthousiastes, ouverts et respectueux des autres.
Rares sont les gens que je peux remercier de m'avoir permis de réaliser ce projet, de parvenir à exprimer une partie de moi. Il y en a plusieurs, mais les plus importantes ont déjà été citées... Les événements dont on ne tire pas d'enseignements n'existent pas. Ce n'est donc pas sans illusions, mais avec un regard nouveau que je me suis lancé dans la rédaction et la soutenance d'un projet de thèse... Mais ça, c'est une autre histoire !