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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 18:58

Un profond sentiment d’égarement imprègne ces premières semaines de recherche. Une vague idée de l’objectif, des lectures en tout genre que vous ne parvenez pas à relier entre elles, des indices multiples de ce que vous cherchez à démontrer (mais que vous devez à chaque fois aborder avec la plus grande mesure), un ensemble d’idées éparpillées, la relecture d’œuvres sur lesquelles vous ne parvenez pas à avoir un regard extérieur et neuf, puisqu’elles parlent à votre cœur et vous émerveillent avec toujours autant de force…

 

Une situation profondément difficile à gérer, où tout semble embrouillé et vous finissez inéluctablement par penser que vous ne parviendrez pas à relier tous ces éléments, à élaborer un plan et une problématique, articulant ces concepts et leurs définitions qui peuplent votre esprit. Mais c’est oublier que ces choses là nécessitent une longue maturation, qu’elles finissent à force de lecture, de réflexion et de temps par trouver leur propre voie. Et puis, heureusement d’ailleurs, des personnes sont là pour vous aider à avancer quand cette période devient vraiment dure à supporter, et que vous finissez par perdre courage (n’oublie jamais cela, mon ange !).

 

Nombreuses sont les personnes qui pensent que la recherche, le travail intellectuel, n’est justement pas véritablement un travail, qu’il suffit de lire pour prendre quelques idées et ensuite les coucher sur le papier. Loin de moi l’idée de soutenir que cela est plus dur que n’importe quel autre travail, ce serait là affirmer le faux. Il est d’une nature fort différente, mais ça n’en est pas moins un travail, épuisant et complet, qui demande beaucoup d’énergie et d’efforts. Certes il ne produit rien de matériel, il ne fait pas de bruit, il ne produit pas à manger, ne construit pas des choses ayant une utilité pratique, et c’est pour cela qu’il semble, de l’extérieur, bien obscur et inutile.

 

Mais il suffit de regarder le monde attentivement pour constater que la philosophie a une portée pratique considérable, contrairement à l’opinion commune. La médecine n’est-elle pas imprégnée de cartésianisme, d’une conception mécaniste du corps ; les textes fondateurs de la Société des Nations, puis de l’Organisation des Nations Unies, ne sont-ils pas profondément inspirés de la pensée kantienne (Kant parle déjà d’une Société des Nations, dans un texte de novembre 1784, « Idée d’une histoire universelle du point de vue cosmopolitique ») ; n’entend-t-on pas les gens employer couramment les notions d’actes manqués, d’inconscient et de refoulement ; la critique kantienne de la métaphysique n’a-t-elle pas été la condition sine qua non de l’émergence de la vision scientiste de notre époque, vision portée notamment par la pensée de Freud…  Nous voyons les visions des penseurs éminents et les grandes ruptures dans l’histoire de la pensée se manifester dans le monde. Un observateur attentif du grand livre de l’univers comprendra de quoi il est question ici et dans son esprit, la philosophie n’est pas chose inutile. Si elle ne produit rien, elle donne bien souvent un sens à tout ce que l’on produit !

 

 

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Published by Jean-Charles Banvoy
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  • : Schopenhauer
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  • : Etudes de la pensée de Schopenhauer et notamment de son rapport à la psychanalyse et aux neurosciences.
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  • Jean-Charles Banvoy
  • Allocataire de recherche en Philosophie sur le sujet : "Schopenhauer et l'inconscient : de Kant aux neurosciences ?"
 UMR 7117, Laboratoire de Philosophie et d'histoire des sciences, Archives Henri Poincaré, Université Nancy 2
  • Allocataire de recherche en Philosophie sur le sujet : "Schopenhauer et l'inconscient : de Kant aux neurosciences ?" UMR 7117, Laboratoire de Philosophie et d'histoire des sciences, Archives Henri Poincaré, Université Nancy 2

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