Jeudi 25 juin 2009
J'aimerais trouver la force d'un coup de gueule ou d'une réflexion construite, mais, en ce moment, c'est au-dessus de mes forces. J'ai déjà la force de briser le silence instauré (comme si de rien était) depuis maintenant presque deux mois. La raison de ce long silence (comme de mon manque de force) est que je suis dans le creux de la vague en ce moment... Et la vague est creuse, bien creuse... Tellement creuse que j'ai parfois l'impression de toucher le fond. Que s'est-il passé ? Comment se fait-il que notre cher petit schopenhauerien, d'habitude si passionné (tellement qu'il en est parfois un peu trop virulent), si déterminé et si enthousiaste, a perdu pied ? Il est usé et fatigué. Il est à bout de force. Il ne supporte plus les contraintes, les directives, les obligations, les ordres, le manque de respect, l'état actuel de sa recherche, les démarches administratives longues et pénibles, la cogitation permanente, le fourbi de citations qui s'accumule dans sa tête... En bref, il n'en peut plus, au point de se demander ce qu'il peut bien être en train de faire et pourquoi diable le fait-il...

On peut difficilement être plus paumé que moi en ce moment. J'ai envie de lire, d'écrire, d'écouter de la musique, de partir en vacances, de cuisiner, d'aller dans les musées, au cinéma... de tout faire, sauf de me pencher sur ma thèse. J'en ai marre. Je sature.

Pourquoi diable en suis-je arrivé là ? Peut-être simplement parce que ma recherche n'a pas débuté en septembre 2009, ni au mois de septembre 2008, mais il y a maintenant plus de 3 ans !! J'ai débuté les recherches pour le mémoire, en avril 2006. J'y ai passé plus de 2 ans, j'y ai mis toute mon énergie et mon envie, et je n'ai quasiment pas fait de pause, de vraie pause, depuis ce temps là. J'ai enchainé avec le projet de thèse, la soutenance pour l'allocation, le corpus, les articles, les conférences, la mise en place du colloque Schopenhauer, la relecture complète de l'oeuvre de Schopenhauer, les leçons d'allemand, etc., etc. Du coup, ma tête ne suit plus, et j'ai l'impression de vivre dans un tourbillon. J'ai tellement la tête qui tourne que je ne sais plus vraiment qui je suis et si ce que je suis en train de faire me correspond.

Une chose est sûre, il aurait fallu prendre des vacances après le mémoire, mais la volonté de démarrer la recherche de thèse a pris le pas sur la raison et je me suis laissé emporté. Et puis, j'ai surtout voulu compenser une profonde déception (celle de ma soutenance de mémoire et de la réception de mon mémoire en général) par un travail plus soutenu encore... Mais là, je ne peux plus rien soutenir en l'état. Je rend temporairement les armes, et m'accorde des congés à durée indéterminée. Je sais que l'envie reviendra d'elle-même, parce que je ne peux concevoir ma vie sans philosophie. Mais faut-il encore vivre et ne pas se réduire à cela. Aujourd'hui, j'ai l'impression de ne plus être moi, d'être à bout de force, d'envie et de plaisir. J'ai laissé tellement de choses derrière moi, que j'ai perdu tous mes repères. Je n'ai plus de contact avec moi-même, et il m'est impossible de poursuivre dans ces conditions.

La thèse reprendra la place qui est la sienne quand j'aurai retrouvé celle qui est la mienne...
Par Jean-Charles Banvoy
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Jeudi 30 avril 2009
J'avais promis de faire des billets spéciaux sur l'instinct de mort et sur la question de l'hypnose, mais je ne vais pas (encore) tenir parole. Je tenais avant tout à remercier Thierry Machuron et Jerôme Duwa pour leur invitation, leur accueil, leur énergie et leur formidable organisation du colloque "Le processus créatif en question" qui a eu lieu à Nevers au début de ce mois. Cela a été pour moi un moment très spécial, enrichissant et motivant. Je suis particulièrement content d'y avoir participé, d'avoir pu parler de Schopenhauer et d'avoir pu dialoguer avec des personnes d'horizons différents du mien. Merci à eux, merci à tous ceux qui y ont participé de près ou de loin.

Ce genre de moment vous redonne espoir ; et plus spécialement l'espoir que le dialogue entre les disciplines (à une époque où le cloisonnement règne en maître sur notre belle société) ne s'arrête pas et fleurisse. Car nous avons tous un point de vue différent sur une seule et même chose. L'imagination, vous pouvez la voir comme un don, comme faisant partie intégrante du fonctionnement cérébral, comme un outil pour l'artiste, comme la faculté de créer des images, etc. vous pouvez la voir du point de vue mystique, neurologique, philosophique, psychologique, scientifique, de la pratique... cela n'en est pas moins une seule et même chose. Cela vaut également pour l'inconscient. Quand arreterons-nous de croire que l'inconscient neurologique détruit l'inconscient psychique, ou que le premier ne peut exister sans l'autre. Une partie de notre être est inconsciente, et cela se manifeste psychiquement, neurologiquement, dans l'action, dans notre rapport à nous-mêmes, dans tout ce que nous faisons et produisons. Après, nous le voyons suivant notre point de vue de neurologue, de psychologue, de philosophe... Mais il faut arrêter de croire que tel point de vue, parce qu'il est le mien, vaut mieux que celui du voisin. Il est différent, et lui, tout autant que moi, peut percevoir la vérité sous un certain angle.

Où est alors le philosophe ? C'est celui qui a le point de vue le plus général, le point de vue qui permet de faire la part des choses entre tous les autres points de vue. Il ne les fonde pas (je ne suis pas en train de vous dire que le philosophe est au-dessus des autres, il est plus "à l'écart", à l'extérieur des pratiques particulières -pratiques qu'il doit bien connaître pour pouvoir se prononcer -) il n'est pas celui qui va vous dire comment penser, comment voir les choses au sein de chaque discipline. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne peut pas pratiquer une ou plusieurs disciplines particulières (cela a été systématiquement le cas avant que les sciences ne se développent à un tel point que la spécialisation devenait nécessaire). Il prend en compte l'ensemble des points de vue, à partir d'un point de vue plus général que tous les autres : le point de vue métaphysique. D'où l'importance de son travail... Mais son travail serait impossible sans celui de tous les autres.

La philosophie comme manipulation de concepts, de notions abstraites systématisés entre elles, sans rapport avec la réalité, sans qu'elle ne tienne compte de l'ensemble des connaissances empiriques et scientifiques, ne devrait plus exister. Aujourd'hui nous sommes tendu entre deux extrèmes (l'extremisme est également un truc très en vogue dans notre belle société), entre un mysticisme à barbe de philosophe, et une troupe de scientifiques qui croit pouvoir philosopher avec leurs grandes théories et le catéchisme de leur première communion (comme dirait l'autre).  Bon, j'exagère un tout petit peu. Mais moi, ce qui me fait peur dans tout ça, c'est le scientisme réaliste ambiant qui considère la métaphysique comme une réflexion sur la méthode, comme un objet ancien de l'histoire de la  philosophie, comme quelque chose de dépassé, d'éculé, de profondément vide... Tout ça reposant sur une déduction inconsciente :  "Kant a détruit la métaphysique ! Nous ne pouvons avoir accès qu'aux phénomènes. Toute certitude ne peut donc venir que de leur étude... Alors, vive la science !! La divine science qui va nous dire ce qu'est le monde !" Et dire, qu'aujourd'hui encore, certaines personnes entretiennent cette horreur et que ces personnes oublient que nous sommes des animaux, que nous sommes un corps avant d'être des sujets connaissants. Tous plus kantiens les uns que les autres ! Pas au sens stricte du mot, mais au sens où ils en sont resté à cela : la métaphysique est morte, vive la science (la logique, les mathématiques, la physique, la chimie, la neurologie, etc.) !! Et si ce n'est pas kantien, c'est malheureusement une déduction possible à partir de la pensée de Kant. Et la philosophie n'est plus, elle est de l'histoire de la philosophie comme si nous n'étions plus capable de rien affirmer de nouveau, elle est de la philosophie du langage (un truc qui ose se baser sur la logique pour dire ce qu'est le monde - ceux là sont des kantiens qui s'ignorent), de la phénoménologie (là mieux vaut que je me censure...), de la philosophie des sciences (chouette, on parlait pas encore assez des théories scientifiques) et de multiples autres courants qui évitent surtout de parler de métaphysique (c'est un gros mots, chuuuuut !!).


Et on s'étonne que sans métaphysique, le temps soit à la morosité, à la déprime, à la perte de repères, à la folie, à la course à la futilité, au divertissement, à la joie éphémère d'AVOIR ! Vider les gens de leur contenu, d'un sens à leur vie, et proposez leur des choses qui les satisfasse, pas trop et pas trop longtemps évidemment ; et vous obtiendrez des gens qui chercheront sans cesse à combler un trou sans fond, car le manque métaphysique ne se comble pas à coup de billets, ou d'objets. Au combien la disparition de la métaphysique est une aubaine pour nos gouvernants... quoi de plus merveilleux que de gouverner des gens qui ne posent pas de questions et qui pensent que leur bonheur passera par l'achat de tant de choses inutiles. Bon, je vous rassure, la religion n'est pas morte, elle se vend comme tout le reste, maintenant... Mais la science est devenue le critère absolu de toute vérité, le critère de confiance. C'est "prouvé scientifiquement", allélouïa !! Et il faut que vous soyez riche, très riche, alors travaillé pour dépenser votre argent...  en fin de compte vous poursuivez une richesse en en dilapidant une autre : votre richesse, celle qui n'appartient à personne d'autre, et qui n'a rien a voir avec votre compte en banque, votre métier, ce qui remplit votre maison et votre garage, etc.

Je sais, c'est très primaire comme discours. Ca fait un peu cliché, mais c'est fait pour. Si vous trouvez ce discours ringard et dépassé, alors ils ont réussi leur coup. Oui, parce que surtout, il ne faut pas oublier de margnaliser les gens en opposition avec le système : les intellos, les écolos, les philosophes (qui passent leur temps à réfléchir, quel danger !), les gens autonomes, les gens solidaires qui ont tissé (ou conservé des liens) sans passer par la voie "normale", etc. Se faire enfermer dans un point de vue, voilà ce qui est néfaste. Et c'est le cas dans la vie, comme dans la réflexion. Voir les choses que d'une seule façon, sans être capable de relativiser son point de vue, sans respecter celui des autres, voilà ce qui est terrible. Voilà pourquoi de tels colloques, comme "Le processus créatif en question", redonnent espoir et font chaud au coeur. Parce qu'il a luté contre ce cloisonnement, il a amené le dialogue, il s'est efforcé de présenter les choses sous plusieurs points de vue. Il ne faut pas perdre de vue cela : nous voyons tous la vérité sous un angle différent (et c'est pas moi qui le dit, c'est Gandhi). Ce que je dis, c'est que nous vivons cette vérité, tous différemment, mais nous en sommes tous des manifestations. Peut-être un jour quelqu'un réconciliera-t-il les points de vue et détruira cet écart entre la théorie et la pratique, entre la vie et la vérité, car la seconde n'est que l'absrtaction de la première.

Ce billet devait être normal, mais je crois qu'il est un peu fou et un peu en vrac. Il est surtout plein de colère, parce que ce monde désanchanté, deshumanisé, cloisonné, tiraillé par les extrémismes de toutes sortes et dépouillé de tout sens, me fait mal un peu plus chaque jour...

Oubliez donc toute cette négativité, l'essentiel de ce billet c'est l'espoir !

Dum spiro spero
Par Jean-Charles Banvoy
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Mardi 24 mars 2009
Voici, comme promis, le programme du séminaire "Le processus créatif en question" qui se tient à Nevers les 2 et 3 Avril 2009, et le powerpoint de ma conférence sur le thème "La chose en soi selon Schopenhauer : un fondement métaphysique de l'hypnose ?".

Un grand merci à Geneviève pour sa précieuse solution à mon problème de mise en ligne !! :)

Je reviendrai sur cette question de l'hypnose (et des phénomènes "surnaturels") dans un billet spécial. Le temps me manque, car le 2 Avril arrive bientôt... Je vais essayer d'être un peu plus sérieux et de mettre ce blog à jour plus souvent. C'est pas les choses à dire qui manquent, mais simplement le temps et l'occasion de les formuler. Et pour cela, je compte aussi sur vous, sur vos réactions, commentaires et critiques...



Par Jean-Charles Banvoy
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Lundi 23 mars 2009
J'ai raté le coche pour ma conférence du 13 mars au Musée Aquarium de Nancy (conférence qui portait comme titre "La chose en soi selon Schopenhauer : un fondement métaphysique de l'hypnose ?"), dans le cadre d'une journée de conférence sur L'école de Nancy (autour des thèmes de l'hypnose et de la médecine psychophysiologique), alors je ne veux pas le rater pour ma prochaine conférence qui aura lieu le 2 Avril à Nevers, sur le sujet : "Le cerveau créatif : de la conception cérébrale de l'imagination chez Schopenhauer et son lien avec les neurosciences", dans le cadre du colloque Le processus créatif en question qui se tient donc à NEVERS, les 2 et 3 Avril 2009, à l'Ecole Supérieure d'Arts Appliqués de Bourgogne.

Voilà pour l'actualité... Je cherche un moyen de mettre le programme de ce colloque et mon powerpoint du 13 mars sur l'hypnose en ligne, mais je n'ai pas encore trouvé la solution. Je le ferai dès que possible. Je reviendrai à des choses plus sérieuses la prochaine fois (je me pencherai sur cette question de savoir si la pulsion de mort est en germe chez Schopenhauer - ou s'il y a un profond glissement entre le discours de Schopenhauer et ce que Freud a pu dire là dessus).

Merci encore d'être de plus en plus nombreux à visiter ce blog et surtout à vous exprimer. C'est une joie de lire des commentaires, et de pouvoir à chaque fois constater que nous ne sommes pas si seuls que cela finalement. J'ai l'espoir que nous puissions partager plus avant encore notre passion pour Schopenhauer, et que nous sortions un peu de notre isolement, parfois douloureux. Et si ce blog, centré sur ma petite recherche, peut aider à faire sortir certains de l'isolement et les mettre en contact, alors il aura véritablement servi à quelque chose...

Merci à toutes et à tous.




Par Jean-Charles Banvoy
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Samedi 21 mars 2009
Cher thazdjya,

Je vous rassure tout de suite le titre « 2ème round » était profondément ironique... Je sais très bien que nous ne sommes pas en train de combattre, et que nous avons simplement, l’un et l’autre, un point de vue différent sur ce rapport entre Schopenhauer et Freud… et cette différence est bien plus une richesse qu'une source de conflits. Mais notre point de vue n'est pas si différent qu’on pourrait le croire, car je suis en partie d’accord avec vous quand vous dites que certaines choses les rassemble (et, malgré les apparences, rassurez-vous, je ne me contente pas, suivant une idée fixe – ce qui ne serait pourtant pas étonnant, venant de moi – de lister tout ce qui peut les séparer ; croyez bien que je reconnais ce qui les rassemble, mon but est simplement de faire – enfin – la part des choses sur cette question). Je suis désolé si mes réponses ont pu vous paraître amères, car je ne suis pas amer, je suis simplement un peu trop entier, passionné et en colère contre ceux qui ont fait passer Freud pour un schopenhauerien, ou plutôt Schopenhauer pour un freudien non accompli. Je crois qu’il ne faut pas tout mélanger et bien comprendre que ces deux penseurs ne sont pas au même niveau dans leurs considérations. Que Freud se soit appuyé sur des considérations de Schopenhauer et qu’il ait trouvé, dans l’œuvre de Schopenhauer, des extraits qui faisaient écho à ses propres développements, cela est difficilement niable. Ensuite, et c’est uniquement ce que j’ai voulu démontré dans mon mémoire, Freud n’est pas schopenhauerien, les deux positions auxquelles les deux penseurs arrivent sont métaphysiquement incompatibles, les deux conceptions du sujet et de l’homme sont nettement différentes. Est-ce que cela empêche des points de contact, est-ce que cela empêche de dire que Freud a puisé de éléments chez Schopenhauer, et retenu un des enseignements majeurs de sa métaphysique, à savoir qu’il existe en nous une force inconsciente agissante ? A mon sens, non, on peut très bien affirmer cela, et c’est en partie l’objet de ma thèse que de démontrer une telle chose.

Je crois que la démarche que j’ai suivi dans mon mémoire a été plutôt mal comprise (sans doute a-t-elle été mal expliquée sur le coup). Mon but était de montrer qu’il n’y avait qu’une relation historique entre Schopenhauer et Freud, c’est-à-dire que Freud a lu des passages de Schopenhauer, en a retenu des éléments et y a trouvé des confirmations philosophiques à ses thèses. Mais ce qu’il reprend là ne sont que des fragments de Schopenhauer, et la synthèse qu’il en fait, le système d’interprétation des phénomènes psychiques inconscients qu’il développe (et c’est ce que j’ai voulu – et veux encore – montrer) en appelle, au final, à une vision de l’homme et du monde qui diverge fondamentalement de celle de Schopenhauer. Je pense que la phrase de Thomas Mann disant que « la psychanalyse est une transposition en psychologie de la métaphysique de Schopenhauer », témoigne d’une idée fausse, car la pensée de Freud ne repose aucunement sur la métaphysique de Schopenhauer ou sur une équivalente ou très proche.

Je suis totalement d'accord avec vous quand vous dites que nos deux perspectives, loin de s'opposer, sont source de richesse. Nous sommes plus proches l'un de l'autre que différents, c'est certain et je crois que nous sommes encore moins différents que nous pouvions le penser au premier abord. Si j'ai commencé par l'aspect métaphysique c'était pour clairement délimité les choses (je n'ai pas assez insisté sur cette idée, d'où je pense une certaine incompréhension).

Pour ce qui est des sciences cognitives, je vous rassure de suite, le but était de simplement voir en quel sens les critiques de la théorie cognitiviste (donc ce que l'on peut ranger dans le concept schopenhauerien de "psychologie rationnelle"), j'ai bien dit les critiques de cette position, s'inspirent ou entretiennent des relations avec la pensée de Schopenhauer. J'ai d'ailleurs à ce propos, rencontrer un doctorant en sciences cognitives, la semaine passée, qui me disait que certaines personnes qui travaillent sur la théorie de l'énaction - notamment celle de Francisco Varela - (théories de l'émergence en opposition farouche avec la "Psychologie rationnelle") remontent jusqu'à Schopenhauer. Mon but était de me pencher sur cette question, mais la nouvelle orientation de la recherche laisse cette question de côté... Pas définitivement, sans doute, mais pour des questions de temps et de redéfinition de la problématique, elle est écartée. Mais, je tiens à vous rassurez, jamais, à aucun moment, mon intention a été de rapprocher Schopenhauer de quelque théorie cognitive que ce soit (lui est bien au-dessus de tout ça, comme vous l'avez montré par des citations). Je voulais simplement voir en quoi certaines critiques du cognitivisme pouvait s'en être inspiré.(et ce dans mon ancienne démarche de montrer la pérénité de la pensée de Schopenhauer dans les sciences actuelles).

J'espère que vous comprenez mieux quel était mon objectif à ce sujet. (Je dis bien "était" car les choses ont changé et - promis - je ferai prochainement ce que j'ai anoncé début février, i.e. publier mon nouveau projet de thèse, problématisé autour de la notion d'inconscient.) Je m'excuse d'avoir répondu un peu amèrement la dernière fois, mais j'ai l'impression d'être en permanence incompris dans mes perspectives de recherche (ma paranoïa naturelle sans doute...). Sans doute est-ce parce que je m'exprime mal, mais j'étais énervé du fait que vous pensiez que je cherchais à pousser Schopenhauer vers les "sciences cognitives". Je suis moi aussi schopenhauerien et j'ai tendance à réagir un peu brusquement, avec un style parfois "amer." Veuillez m'en excuser.

Merci pour vos encouragements et pour votre reconnaissance. Je suis touché de votre soutien et de votre intérêt pour mon travail. Je serai ravis que nous fassions plus intimement connaissance. Je prend contact avec vous par mail, mais je voulais vous répondre directement sur le blog pour clarifier une nouvelle fois certaines choses.

Pour ce qui est de la question d'un instinct de mort en germe chez Schopenhauer, je vais y consacrer un billet spécial, pour avoir tout le temps et l'espace pour argumenter et construire quelque chose de pleinement cohérent.

Merci mille fois de faire vivre ce lieu d'expression et d'échange, par vos commentaires et vos visites. Merci également à vous tous qui êtes de plus en plus nombreux à visiter ce blog - pourtant bien trop peu souvent remis à jour. Malgré mon style un peu vif et mon côté un peu schopenhauerien, il n'y a rien de plus important pour moi que le débat, le dialogue, et même si je m'emporte souvent, je vous rassure, je ne suis pas méchant. Ce que je veux surtout c'est qu'on cesse de penser que parce que je remets en cause certaines interprétations ou que je condamne comme erreurs certaines considérations sur des points particuliers de la pensée de Schopenhauer, je suis quelqu'un de fondamentalement prétentieux, méchant, obtus et borné. Peut-être que je ne reconnais pas assez les mérites et que j'ai la critique un peu facile, mais je n'ai jamais dit que Clément Rosset était un nul, incompétent et qu'il avait réaliser un travail absurde, vide et sans intérêt sur Schopenhauer. J'ai simplement remis en cause l'idée de l'absurdité de la Volonté (l'absurdité étant quelque chose appartenant à la représentation et donc inapplicable à la Volonté) et celle de sombre précurseur (qui raisonnablement, pour tout connaisseur de la pensée de Schopenhauer, est profondément absurde). Son travail a des qualités et il dit des choses intéressantes et pertinentes... Peut-être ma façon de m'exprimer m'est préjudiciable. Peut-être devrais-je dire les choses plus indirectement, par des voies détournées, glisser une petite allusion, ou autre courbette... Je répugne aux courbettes, et croyez bien que vous êtes pas prêts de me voir en faire !!!

Merci à toutes et à tous.

Jean-Charles Banvoy



Par Jean-Charles Banvoy
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Présentation

Profil

  • : Jean-Charles Banvoy
  • schopenhauer
  • : Homme
  • : 25/04/1984
  • : Nancy
  • : Allocataire de recherche en Philosophie sur le sujet : "L'inconscient chez Schopenhauer : de Kant aux neurosciences ?" UMR 7117, Laboratoire de Philosophie et d'histoire des sciences, Archives Henri Poincaré, Université Nancy 2

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